Que penser de l’évolution des distances de drive ?

Aujourd’hui, il est commun de voir les pros envoyer leur drive à plus de 300 yards (275m). Ce qui n’a pas toujours été le cas. Aujourd’hui nous vous proposons de voir comment a évolué la distance de drive, et si son accroissement pourrait avoir une influence majeure sur la discipline. 

L’accroissement des distances de drive est-il significatif ?

En 1968, IBM calculait les distances de drive des joueurs sur une dizaine de tournois du PGA Tour. À la fin du tour ils enregistraient une moyenne de 264 yards (241m). Jack Nicklaus, était entête avec une moyenne de 276 yards (252m). 

En comparaison, sur le PGA Tour en 2016, 167 joueurs avaient une moyenne de drive supérieure à 280 yards. De plus l’écart entre la moyenne du Tour et la moyenne des leaders s’est considérablement creusé, puisque quatre joueurs pointaient à plus de 310 yards de distance moyenne. Bubba Watson (310.6 yds), Tony Finau (312.2 yds), Dustin Johnson (313.6 yds) et J.B. Holmes (314.5 yds). 

Ci-dessous un tableau comparant les distances moyennes des joueurs du PGA Tour à partir de 1980 : 

Informations tirées du PGA Tour’s ShotLink, disponible sur pgatour.com.

Ces informations nous montrent qu’il y a bien eu un accroissement significatif des distances de drive des pros depuis les années 80. 

À quoi est due cette évolution ? 

La réponse semble évidente. Le monde du golf a connu une considérable amélioration de ses technologies et de son matériel. Il y a également eu des améliorations dans la préparation et l’entrainement physique des professionnels. 

L’amélioration du matériel : 

Tête de club plus grosses, shafts plus souples, meilleur aérodynamisme, nouveaux matériaux, les drivers et les clubs en général ont énormément changé depuis ces dernières décennies. 

Cependant, pour plusieurs « anciens » comme Lee Trevino, la véritable révolution pour la distance des joueurs est l’arrivée de balles plus performantes. Dans une interview de 2007 pour US Today, cette légende du golf déclarait : 

« Si nous avions ces nouvelles balles à mon époque, les meilleurs d’entres nous auraient tapé à 300 yards et Jack Nicklaus aurait tapé à 360 yards. »

Pour donner raison à ses paroles, on peut prendre l’exemple de la Titleist Pro V1. Une fois introduite sur le Tour en 2000, la balle a fait gagner plus de 10 yards de distance moyenne aux pros sur l’ensemble de leurs fers. 

L’amélioration de l’entrainement : 

Depuis les années 80, il n’y a pas que l’équipement qui s’est amélioré. Aujourd’hui, certains golfeurs professionnels passent autant de temps dans une salle de sport que sur un green. Ils améliorent leur endurance, leur explosivité, leur équilibre… Les équipements de développement corporel se sont améliorés, les coachs sont plus performants et la nutrition n’a plus de secret dans le domaine du sport. Avec de meilleures conditions physiques chez les « jeunes » générations, il est normal de voir les joueurs améliorer leur distance. 

Il existe d’autres facteurs pouvant améliorer les distances de drive. Par exemple on entend parfois parler de l’amélioration de la qualité des fairways. En effet les systèmes d’irrigation se sont améliorés ces dernières années. Mais il s’agit évidemment d’un détail, devant être cité pour compléter cet article. 

Cette évolution est-elle un problème ? 

Un sac de golf contient 14 clubs. Et ce sport aurait été bien différent s’il ne reposait que sur le driver. Car même si se retrouver à 100m du green plutôt qu’à 150 est un avantage certain, la prise de risque qui accompagne le drive n’en vaut pas toujours la chandelle. 

Même si les parcours de golf doivent s’adapter pour accueillir des joueurs toujours plus longs, les architectes ne sont pas obligés de rajouter de la distance à leur trous. Svein Drange Olsnes, membre senior et membre du conseil de l’EIGCA (European Institute of Golf Course Architects) a rédigé un article dans lequel il propose des solutions alternatives à la distance. 

Ses conseils :

 – 1 Faire réfléchir le joueur. Il vaut mieux créer un trou qui demande de la stratégie plutôt qu’un gros coup de drive au milieu du fairway. 

 – 2 Créer des fausses attentes. Avec une attaque de green plutôt aléatoire, les joueurs se sentiront obligés de s’approcher du green avant d’attaquer le trou. 

 – 3 Façonner le drive. Peu d’architectes ont aujourd’hui l’habitude de créer des trous qui ont une direction opposée à un coup naturel. Comme par exemple un départ obligeant le joueur à frapper un fade au drive. 

 – 4 Placer le drapeau. De façon à obliger le joueur à réfléchir avant d’attaquer le drapeau. Si le coup est un peu trop long ou trop court, la balle fuira le green. 

 – 5 Ne pas créer un green plat. Avec beaucoup de mouvements, peu importe qu’un joueur attaque le green, s’il n’assure pas un bon putt derrière. 

 – 6 Placer des ondulations devant le green. Sur un coup long (comme un drive) il faut faire rouler la balle jusqu’au green. Si le fairway est bosselé, le roulement de la balle sera trop aléatoire. 

 – 7 Creuser les bunkers. Même un joueur pro n’est pas à l’aise dans un bunker trop profond. Bien les placer sur le trou pourra obliger certains joueurs à favoriser la précision. 

 – 8 Provoquer le joueur. Obliger le joueur à penser aux conséquences d’un mauvais coup. En plaçant des zones à éviter par tous les moyens. 

 – 9 Jouer sur la visibilité. Cacher le green ou la suite du trou au joueur s’il n’est pas du bon côté du fairway aura un fort effet de frustration sur le joueur. 

Et vous, pensez vous que le monde du golf devra s’adapter à l’augmentation des distances de drive des joueurs ? 

Découvrez ci-dessous le défi du drive de 430 yards de Jeff Flag : 

Un commentaire

  • Je suis particulièrement d’accord avec la seconde partie de l’article sur le dessin des parcours.

    Juste un exemple significatif : le trou N° 3 à Augusta. C’est un par 4 avec une légère courbe gauche – droite de 350 yards des back tee. Un trou normalement facile pour les meilleurs pros avec des distances de drive de 300 yards et pourtant cette année, le score moyen est de 4,08 donc au dessus du par.

    Plutôt que d’allonger les parcours ce qui devient handicapant pour les amateurs, surtout senior, il vaut mieux bien penser les trous pour obliger les joueurs à se servir plus de leur cerveau que de leurs muscles 😉

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